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Le budget, proposé tous les ans par les pays membres de l’Union, est très important car il contient les dépenses publiques de l’année à venir ainsi que les objectifs financiers à réaliser durant les 3 années à suivre. Le budget pour 2019 est le premier du nouveau gouvernement Italien, qui réunit la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles. Cette coalition est convaincue qu’une approche anti-austérité aboutira à la croissance économique du Pays et réduira la dette publique et le déficit. La Commission européenne, de son côté, ne croit pas à une telle croissance et menace l’Italie de recourir à des sanctions si elle ne modifie pas son budget. Selon la Commission, la dette italienne, au lieu de diminuer, augmentera jusqu’à dépasser le taux déjà très élevé d’aujourd’hui de 130% de son PIB. Par conséquent, à ce stade, la Commission a pu justifier une procédure de déficit excessif contre l’Italie, qui prévoit une amende jusqu’à 0.2% du PIB du Pays.

Le soir du samedi 24 novembre, le président de la Commission, Mr Juncker, et le premier ministre de l’Italie, Mr Conte, ont dîné ensemble afin de discuter du budget. Tous les deux parlent de leur confiance dans un dialogue qui pourra enfin aboutir à une solution, sans devoir recourir à des sanctions à l’égard de l’Italie. Aujourd’hui, Salvini, président de la Ligue, semble prêt à réviser certains aspects du budget et Di Maio, président du Mouvement 5 Etoiles, semble décidé à baisser un tout petit peu le déficit initial.

Ce que souhaitait l’Italie c’était de gagner du temps et de reporter les sanctions. Ainsi elle aurait pu, entretemps, démontrer à la Commission européenne que l’Italie avait raison. En effet, l’Italie ne peut rien démontrer dans l'immédiat, alors que dans 6 mois, les premiers résultats de la nouvelle politique italienne, fondée sur les mesures pour les investissements prévues dans le budget italien, commenceront à se voir. La Commission pourrait alors revenir sur sa décision.

Ce qui ressort de ce dialogue dont parlent l’Italie et l’Union Européenne c’est que le gouvernement Italien n’a jamais arrêté de provoquer la Commission. Certes, il a des arguments pour soutenir ses initiatives et ses actions : il donne la priorité aux italiens, toutes les mesures prises ont pour objectif d’aider les italiens, et Bruxelles leur manque de respect lorsqu’il menace son budget. Il est important pour un gouvernement de penser à son peuple et de réfléchir à des mesures qui puissent l’aider, en favorisant la croissance économique de son propre pays. Cependant, nous ne devons pas oublier que nous faisons partie de l’Union Européenne, nous avons donc un devoir vis à vis de cette Communauté, et nous sommes tenus de le respecter.

Si la Commission juge que les calculs d’un pays concernant sa dette sont douteux, un pays ne peut pas continuer sans en tenir compte. Chaque Etat membre a des responsabilités à l’égard de l’Union, qui est censée agir dans l’intérêt commun. Le but de la Commission ce n’est pas de mettre un Etat en difficulté ou d’entraver ses mesures économiques. Bien au contraire, elle est là pour donner des conseils aux pays et les réorienter en cas de problèmes. En effet, c’est la première fois dans son histoire qu’elle se voit contrainte de rejeter la proposition de budget d’un Etat.

Le scénario qui se présente aujourd’hui est celui d’une Italie qui cherche à reporter toute sanction après les élections européennes (qui auront lieu en mars 2019) et qui commence à revoir petit à petit son budget ; d’une Commission qui a du mal à mettre en œuvre des sanctions si dures à l’égard d’un Etat qui est déjà gravement endetté ; d’un manquement vis-à-vis de l’Union qui ne pourrait en aucun cas pas passer inaperçu.

Sources :

Toute l'Europe, "Budget : Bruxelles va ouvrir une procédure à l'encontre de l'Italie"

Guidafisco.it, "Legge di bilancio : cos'è, approvazione e quando entra in vigore"

Pressreader.com, "Italy to defy EU over big-spend budget"

Latribune.fr, "Budget italien : Bruxelles ouvre la voie à des sanctions contre l'Italie"

Lettera43.it, "Come è andato l'incontro tra Conte e Juncker sulla manovra"

Le Figaro, "Budget: l'Italie ouverte à une baisse du déficit"