Emmanuel_Macron.jpeg © AFP

Cependant à travers les différents Etats-membres, les avis sont partagés. La France et les Pays-Bas ont effectivement mis leur véto le 15 octobre 2019 lors de la réunion des Ministres des Affaires Étrangères à Luxembourg-ville à l’ouverture des négociations concernant la Macédoine du Nord. Une opinion qu’ils partageaient déjà en juin 2019, appuyés par l’Allemagne, ce qui a décalé la réunion à mi-octobre. Pour ce qui concerne, l’Albanie se sont rejoints l’Espagne et le Danemark contre cette initiative. Ainsi, au sein de l’Union Européenne, des fractures se forment car le groupe Visegrád (union qui a pour membre la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie) se dit pour une ouverture de dialogue, se sentant proche de ses pays des Balkans, il ne faut pas oublier que ces pays ont été sous le joug de l’URSS de 1949 à 1989, ce qui semble rappeler la Yougoslavie de Tito.

L’importance réside à prévenir un repli des Etats balkaniques pouvant avoir un sentiment eurosceptique avant d’avoir rejoint l’Union et d’éviter tout rapprochement avec la Russie, effectivement, ce sont des zones stratégiques. Actuellement, les gouvernements bosniens, serbes, albanais, nord-macédonien, monténégrins et kosovars s’entretiennent afin de former un “Mini-Schengen”, c’est-à-dire, une suppression des tarifs douaniers, des frais administratifs et ouverture des frontières pour fluidifier la région et les relations, une réponse directe au refus d’octobre. L’entente propre de cette future union paraît pourtant déjà compromise, où chacun voit l’intérêt de l’autre. Par exemple, le Kosovo ne veut pas adhérer à une union qui "serait une “nouvelle Yougoslavie” faisant profit à la Serbie". Le président de la République du Kosovo, Hashim Thaçi ajoute, après avoir décliné une deuxième réunion à Dürres le 21 décembre 2019, qu’il ne peut collaborer avec un pays ayant ignoré le massacre de Reçak en 1999 et qui ne reconnaît toujours pas, avec la Bosnie-Herzégovine, l’existence du pays. Les discussions sont toujours en cours.

Si les efforts sont visibles comme le changement de nom d’Ancienne République Yougoslave de Macédoine en Macédoine du Nord pour régler un conflit d’antan avec la Grèce, la France attend qu’ils respectent l’Etat de droit et les droits fondamentaux. Elle a ainsi proposé de revoir les règles à l’adhésion avec le soutien des Etats-Membres pour une ré-actualisation et une mise au point interne. Néanmoins, la présidence du Conseil de l’UE dirigeait par la Finlande n’est pas ouverte aux discussions puisqu’elle a refusé les propositions de la France et attend la nouvelle Commission débutante le 1er décembre 2019. Cette présidence a été critiquée de par son sponsor, BMW, et par ses décisions, la Hongrie a déconsidéré les décisions de cette dernière. Enfin, la nouvelle présidence assumée par la Croatie souhaite continuer et soutenir le dialogue avec ces pays lors d’un Sommet. Pour l’Union Européenne, une harmonisation des pensées est souhaitée pour qu’un résultat aboutisse, et du côté balkan, une meilleure gestion des relations internes compte tenu des fissures du passé.

Sources:
https://www.lefigaro.fr/international/elargissement-de-l-union-europeenne-ou-en-est-on-20191205

https://www.lesechos.fr/monde/europe/paris-refuse-a-lalbanie-et-a-la-macedoine-du-nord-louverture-de-negociations-dadhesion-1140000

https://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/lelargissement-de-lue-aux-balkans-reste-une-priorite-pour-le-groupe-de-visegrad-decu-par-la-lenteur-des-negociations

https://www.eyes-on-europe.eu/le-mini-schengen-des-balkans-une-region-plus-prospere-demain/

https://exit.al/en/2019/12/18/kosovo-declines-invitation-to-third-meeting-on-balkan-mini-schengen/

https://www.ouest-france.fr/europe/ue/union-europeenne-la-france-peine-convaincre-ses-partenaires-sur-la-reforme-de-l-elargissement-6615549